Municipales : 130 élus LaRem dans les Hauts de Seine

En présentant des listes autonomes ou en concluant des alliances, La République en Marche a présenté des candidats dans de nombreuses villes du 92.
Bilan : 130 élus sur le département, dont 5 à Garches  dans le cadre d’une alliance avec la majorité sortante. Le Quotidien Le Parisien fait le point :

Par Anne-Sophie Damecour

Les voilà installés, parés de leurs écharpes tricolores et prêts à affronter les six années à venir ne sachant trop de quoi l’avenir sera fait. Quatre mois après le premier tour des élections municipales, les équipes élues sont désormais en place. Une période très particulière, aussi bien pour les vingt-deux maires élus dès le 15 mars – mais qui auront dû attendre fin mai pour s’installer– que pour les quatorze autres désignés après l’interminable second tour du 28 juin.

Dans les Hauts-de-Seine, à deux exceptions près – Colombes et Châtillon qui ont basculé à gauche – point de bouleversement des équilibres politiques locaux. Les communistes conservent même leurs quatre villes (Gennevilliers, Nanterre, Malakoff et Bagneux) alors qu’ils perdent du terrain partout en Ile-de-France. « Nous sommes identifiés comme la seule force politique d’opposition à la droite départementale », souligne ainsi Patrice Leclerc, réélu à Gennevilliers avec 58,4 % des suffrages.

80 % des villes restent gérées par la droite

Une droite qui reste très majoritaire dans les Hauts-de-Seine avec vingt-neuf communes sur trente-six. Soit treize villes avec des maires encartés LR, huit villes gérées par des maires appartenant à l’UDI – soit une de plus qu’en 2014 avec Villeneuve-la-Garenne- et autant de maires Divers Droite (DVD). Pour certains, il s’agit d’ex-maires LR ayant claqué la porte de la maison au lendemain des élections européennes marquées par une lourde défaite avec seulement 11,85 % des suffrages dans les Hauts-de-Seine.

LREM ne détient qu’une ville, Sèvres

« Ils vont revenir soit dans les prochains mois, soit avant les élections présidentielles », prédit Philippe Juvin, président de la fédération LR des Hauts-de-Seine et maire de La Garenne-Colombes, réélu le 15 mars avec près de 76 % des voix. Selon lui « la cicatrisation progressive va être accélérée par les très mauvais scores de LREM aux municipales ».

Les résultats du parti présidentiel sont en effet bien loin de ceux espérés par les marcheurs qui se voyaient prendre le pouvoir dans plusieurs villes du département, se fondant sur les résultats des législatives et des européennes. « On ne devient pas maire avec trois slogans superficiels. Un plan com’ ne fait pas un bon programme », tacle Philippe Juvin, estimant que les candidats LREM « ont péché par orgueil ».

Avec un seul maire adhérent LREM, Grégoire de la Roncière à Sèvres, ces élections constituent en effet un premier coup dur pour le tout jeune parti qui vient de souffler sa quatrième bougie. « Dans certaines villes, l’écart avec les élections européennes est considérable et la déception évidente », reconnaît Maud Bregeon, candidate LREM à Levallois-Perret où elle a obtenu 15 % des voix au premier tour.

LREM vise les sénatoriales

Dans le département, le différentiel le plus élevé est enregistré à Neuilly-sur-Seine, où LREM est passé de 47,9 % aux Européennes à 9,8 % aux municipales ! Faute d’avoir ravi des villes à la droite, LREM compte désormais ses troupes au sein des conseils municipaux. Selon les chiffres du parti, ils sont près de 130 élus adhérents LREM, soit 85 siégeant dans des majorités et une cinquantaine dans les oppositions.

Le plus emblématique d’entre eux est évidemment Gabriel Attal, désormais porte-parole du gouvernement mais aussi conseiller municipal d’opposition à Vanves où la liste sur laquelle il figurait en deuxième position finit à moins de 20 % au second tour. Un siège d’opposant que Gabriel Attal occupait déjà lors du précédent mandat du maire (UDI) Bernard Gauducheau et qu’il assure ne pas vouloir abandonner.

Dans certaines villes, grâce à des accords passés dès le premier tour avec des maires LR et UDI, le parti présidentiel est parvenu à se faire une place dans des majorités. C’est notamment le cas à Issy-les-Moulineaux avec neuf élus LREM siégeant au côté d’André Santini (UDI). Suivent Meudon, Montrouge et Rueil-Malmaison avec huit élus LREM dans chacune de ces majorités.

« Aujourd’hui notre objectif est de fédérer et de faire vivre ce tissu d’élus locaux pour s’ancrer durablement », souligne Maud Bregeon. Avec en tête que le nombre de grands électeurs est essentiel pour peser à l’avenir, notamment pour les élections sénatoriales.

Mais avant cela, deux autres élections se profilent : les départementales et les régionales, théoriquement programmées en mars 2021. Sauf si le président de la République parvient à les faire reporter après la présidentielle de 2022.